Thursday, October 6, 2022
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Exclusif- Cameroun > Sommet de l’Etat: Qui succédera à Paul Biya ?

Après plus de trois décennies à la tête du Cameroun et à trois ans de la fin de son septennat en cours, certains d’observateurs avertis pensent que l’actuel Président de la République, qui sera âgé de 92 ans en 2025, ne devrait pas rempiler pour un 8ème mandat consécutif.

Par panorama
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Par  Yves Junior Ngangue

A presque 90 ans, dont un demi-siècle à gérer les affaires de l’Etat, d’abord comme collaborateur d’Ahmadou Ahidjo –  ensuite comme Président de la République-  Paul Biya est manifestement au crépuscule de son existence politique. Annoncé sur le départ depuis 2011, il avait déjoué les pronostics en optant pour un sixième bail au sommet de l’Etat, en dépit des pressions que lui faisaient subir l’ancien chef de l’exécutif  français Nicolas Sarkozy. Son successeur François Hollande ne dérogea d’ailleurs pas à la règle, en visite au Cameroun en juillet 2015  accompagné d’une pléthore de journalistes de son pays, dont notre estimé confrère Gérard Grizbec de France 2, auteur d’une question sur la longévité supposée de Paul Biya au pouvoir, le locataire d’Etoudi stoïque, lui avait rétorqué en live, sous les feux des caméras de télévision : « Ne dure pas au pouvoir qui veut, mais qui peut ». Néanmoins, il avait clairement indiqué que si un jour il décidait de quitter le pouvoir « le moment venu, les Camerounais et les amis français et tout le monde sauront si je suis candidat ou si je prends ma retraite ».

Ces dernières années, la toile est inondée par des histoires inhérentes à une  succession de gré à gré qui se jouerait au sommet de l’Etat. Chose curieuse à plus de trois ans, de la fin du septennat des grandes opportunités.

Tenant d’un Présidentialisme fort et viscéralement attaché à la suprématie de l’exécutif sur  tous les autres pouvoirs, Paul Biya ne choisira jamais de modifier la loi fondamentale dans l’optique de  désigner un vice-Président successeur constitutionnel en 2022, nous a rassuré un exégète du Renouveau.  Pourtant, s’il se décidait enfin à quitter Etoudi en 2025 et  pour des raisons évidentes favorisées  par son grand âge ; le sortant ne transigera jamais avec  la préservation de son héritage ou encore ;  la protection qu’il devrait bénéficier en tant  qu’ex Président.  L’actuel chef de l’Etat mettra un point d’honneur sur ces aspects, allant même  jusqu’à faire  des mains et des pieds,  pour que le Rdpc, ou tout du moins, son candidat désigné à ce scrutin,  lui succède à la tête du Cameroun. Comme en Angola avec Eduardo Dos Santos, Paul Biya choisira lui-même son successeur, avant de  passe le flambeau.

Inéluctable révision constitutionnelle  

Les opposants et l’opposition dans sa globalité ne doivent pas s’attendre à un cadeau venant de Biya, nous a  confié sous anonymat un politologue. S’il en a les moyens, l’ancien séminariste fera tout pour barrer la voie à son ex Ministre délégué Maurice Kamto voire aux autres,  en se servant de la loi fondamentale-  l’objectif final étant de baliser le chemin à son éventuel successeur-  que bon nombre d’observateurs avertis présentent comme étant son propre fils Franck Emmanuel  Olivier Biya, aujourd’hui âgé de 53 ans. La France précise notre interlocuteur serait au parfum de tout ce qui pourrait se tramer, elle aurait même déjà donné son feu vert, pour la désignation du dauphin désigné comme successeur,  à l’image du Togo et du Gabon, y compris en cas d’abdication de Paul Biya. Contrairement au flou artistique entretenu par l’Elysée sur le Cameroun à travers les échanges savamment ourdi par le pouvoir français.

Une révision constitutionnelle est donc indubitablement  dans l’air du temps. Les soubresauts observés  ces derniers temps, à travers des fuites volontairement organisées par le pouvoir à propos de  la désignation  d’un vice-président,  ne sont  qu’un ballon d’essai,  visant à préparer l’opinion sur ce qui pourrait arriver dans trois, quatre ou même cinq ans.

Confiné au palais de l’unité ces trois dernières  années  à cause de la pandémie de la Covid-19, Paul Biya a énormément  travaillé.  A travers les abondantes nominations faites, il a  récompensé, réhabilité certains pontes du régime qui étaient en disgrâce, comme s’il avait à cœur de  réconcilier sa famille politique avant de passer la main. Quelque chose se prépare incontestablement.  Paul Biya ne devrait donc pas rempiler en 2025, selon toute vraisemblance. Agé de 92 ans, il pourrait enfin prendre sa retraite tel qu’il l’avait lui-même annoncé lors de sa conférence de presse conjointe avec François Hollande à Yaoundé en Juillet 2015.

Les verrous constitutionnels

Pour faire aboutir une révision constitutionnelle, Paul Biya dispose d’une majorité confortable dans les deux chambres du parlement que sont le sénat et l’assemblée nationale. C’est incontestablement la raison pour laquelle, au cours d’une rencontre avec le président Biya au palais, alors que Paul Atanga Nji avait évoqué l’hypothèse d’une interdiction définitive du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), une source bien introduite affirme sous anonymat, que  le Président national du Rdpc, lui avait susurré que ce n’était  pas nécessaire. C’est dans cette même logique, qu’il avait traité ce mouvement de « petit parti politique » au sortie de son bureau de vote en février 2020.

Conscient qu’il aura lui seul, et tout seul le dernier mot. Paul Biya sait sur le bout des doigts que même le destin de Maurice Kamto qu’il aurait bien pu faire condamner pour délit d’initié dans le dossier Brain trust, ou encore pour détournements des deniers publics,  dépend bien de lui et de lui tout seul.  En modifiant la constitution en 2023 ou 2024 et en y incluant une clause portant sur la limitation d’âge à 65 ou  même 70 ans, il sait pertinemment qu’il barrera définitivement la voie à Kamto (qui aura 71 ans en 2025) , mais également qu’il sonnera le glas des appétits présidentiels de certains ambitieux  de son camp.

Pour parfaitement illustrer son propos, un politologue révèle sous anonymat qu’avant l’abandon des poursuites contre le Président du Mrc et ses lieutenants, Biya aurait pu laisser la procédure aller à son terme, c’est-à-dire, jusqu’à la condamnation et casser ensuite la peine sans toutefois amnistier les mis-en-cause. Il sait, précise notre source que ses vrais ennemis se trouvent dans son propre camp, le Rdpc ou devrait véritablement se jouer la succession. Sous ce prisme, il va sans dire que Mebara, Marafa, Olanguena et les autres, sont un caillou dans la chaussure du renouveau- au moment où Paul Biya songe à passer le flambeau.

Au plus fort de la crise du coronavirus, alors qu’il aurait bien pu les élargir, le chef de l’Etat  a exclu les victimes de l’opération épervier de la liste des personnes à élargir.

Aussi, malgré les recommandations du groupe de travail de l’Onu, l’invitant à libérer l’ancien Ministre d’Etat Marafa Hamidou Yaya, condamné à 25 ans de réclusion par le Tribunal de Grande Instance du Mfoudi, le locataire d’Etoudi est resté de marbre.

Prospective

Les  successeurs potentiels du Président

La constitution  du 18 janvier 1996   complétée par la loi n°2008/001 du 14 avril 2008  dispose en son article 5 que tout camerounais jouissant de ses droits civiques et politiques et âgé de 35 ans révolus peut aspirer à devenir président.

Dans la perspective de l’après-Biya à l’horizon 2025, Panorama Papers  dresse ci-dessous une liste de ses successeurs potentiels-  sans-arrière-pensée-  aucun sujet n’étant tabou dans une République. Certains de ces compatriotes sont des pontes du régime actuel, d’autres des hommes affaires bien connus. Loin de nous l’idée de jeter à la vindicte populaire ces honnêtes citoyens, parler de succession étant dans notre contexte, un crime-de-lèse-majesté, il sied ici de préciser qu’après 25 ans de pouvoir Ahmadou Ahidjo,  le Premier Président de la République et père de l’indépendance, un musulman du Nord, avait volontairement  passé le pouvoir à Paul Biya un chrétien du Sud. Que fera t’il  43 ans plus tard, et alors que tout porte à croire, qu’il est usé par le pouvoir et  que son départ n’est plus anecdotique ?

En compulsant à la lettre  les résultats des dernières élections présidentielles, il ressort clairement que l’arithmétique électorale du Cameroun ne permet à aucun candidat d’accéder à la magistrature suprême sans coalition, c’est à dire avec les suffrages émanant de sa seule communauté d’origine. C’est fort opportunément la raison pour laquelle, les problématiques inhérentes à la succession à la tête de l’Etat   débouchent presque toujours sur les questions de tribus et d’alliances. Pour   25 millions d’habitants, le pays de Paul Biya est un conglomérat de 400 tribus, répartis en quatre principales aires géographiques. Nos  successeurs potentiels  sont justement de toutes ces parties du pays.

Franck Emmanuel Biya- homme d’affaires (52 ans) : Le favori de Paris

Bien qu’ayant refusé d’intégrer la Présidence de la République comme Directeur du Cabinet civil il y  a quelques années. Franck Biya a positionné, bon nombre de ses proches, y compris au sein de l’appareil d’Etat. L’actuel Ministre du plan Alamine Ousmane Mey lui doit son entrée au gouvernement  comme grand argentier.

En pôle position pour succéder à son président de géniteur, en cas d’empêchement définitif, y compris- si celui-ci  abdiquait,  le fils du successeur d’Ahmadou Ahidjo a l’avantage d’être un élément fédérateur et le seul dénominateur commun entre tous au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) voire au-delà. Bien plus, il peut valablement assurer les intérêts de la France face à la montée d’autres puissances à l’instar de la Chine et de la Russie.

Réputé discret, ses détracteurs l’accusent de manquer de charisme et de culture politique. Dans un environnement aussi alambiqué que celui du Cameroun, Franck ne ferait pas  un mandat plein tranche l’un d’entre eux. Agé de 55 ans en 2025, le fils aîné du successeur d’Ahmadou Ahidjo a de qui tenir. Même si le temps passe vite, on peut beaucoup apprendre en cinq ans. Sinon, n’est-il pas aux côtés de son père depuis plusieurs années ? N’a-t-il pas accès à certains dossiers ultra confidentiels dont la portée échapperait même aux plus proches collaborateurs de celui-ci, tel que Ferdinand Ngoh Ngoh ?  Après un échec fracassant dans les affaires, notamment la transformation du bois, le fils Biya s’est probablement reconverti dans d’autres secteurs. Son nom avait d’ailleurs été abondamment cité dans le dossier des bons de trésor de  100 milliards de FCFA acquis par son entreprise Afrione, dans des conditions douteuses.

En cas de vacance du pouvoir ou d’abdication de Paul Biya, Franck Biya qui se déploie pour le moment,  en sous-marin, à travers une nébuleuse dénommée « Mouvement Franckiste »  ne rencontrera aucun écueil face à lui, s’il sollicite l’investiture du RDPC. Même s’il n’est pas du comité central, encore moins membre du bureau politique.

Maurice Kamto- universitaire, avocat international  66 ans : le Messie des frustrés  du biyaisme

Si les camerounais dans leur écrasante majorité affirment qu’un béti ne devrait pas succéder à Paul Biya, ils n’en pensent pas moins des bamilékés. Cité par Wikileaks câble 18, en 2011,  l’ancien vice-premier Ministre Amadou Ali  relevait  que : « les nordistes ne supporteraient plus un successeur issu de la même ethnie ou de l’ethnie Bamileké  reconnue pour son dynamisme économique ». Alors que le grand Nord représente à lui tout seul près de 35% de l’électorat, l’équation s’annonce difficile pour ce brillant professeur de droit qui devrait également faire face aux stratèges du RDPC qui multiplient  des stratégies pour obtenir son scalp. La création il y a quelques années,  par Jean- Claude Shanda Tomne  un ressortissant de la région des Grass Fields,  d’un nouveau parti politique,  procède de cette volonté d’anéantissement de Kamto argumente un politologue.

Accusé par tous ses détracteurs d’être un tribaliste hors pair, on l’accuse-  alors Ministre délégué auprès du Ministre de la Justice,    d’avoir favorisé- et recommandé, auprès de son collègue Ministre de l’enseignement Supérieur-  pour le poste de doyenne de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’université de Yaoundé 2,  la nomination d’une de ses sœurs « des hauts-plateaux » feue Professeur  Josette Nguebou Toukam. Tous les transfuges du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun corroborent largement ces accusations, en précisant que le MRC est un parti essentiellement tribal.

Pour le moment exclu du jeu,  dans la perspective de la présidentielle de 2025,  faute d’élus, Maurice Kamto pourrait néanmoins se faire investir par un autre parti politique. Si et seulement si, un verrou constitutionnel lié à la limitation des âges, ne l’en empêche pas. Quoique populaire dans certaines villes du Cameroun comme Douala, le leader du MRC a besoin d’une coalition pour parvenir à ses fins. Même avec le vote de tous ses congénères de l’ouest, Etoudi ne sera pas à portée de main,  pour cet éminent  membre du Curatorium de l’Académie de Droit International de la Haye.

René Emmanuel Sadi- diplomate, 66 ans : Recommandé par Ahidjo à Biya…

Il avait été recommandé à Paul Biya par Ahmadou Ahidjo. Après avoir fait ses armes à la présidence de la République comme conseiller diplomatique, René Sadi  préside aujourd’hui aux destinées du Ministère de la communication, après un détour par la territoriale.

Diplômé de l’IRIC, ce fils d’infirmier vit le jour à Maroua  dans l’Extrême-Nord du Cameroun, ce qui fait de lui, un homme au-dessus des clivages Nord-sud.

Nommé à la tête du RDPC au moment où ce parti politique était un véritable navire dans la tourmente, ce Vuté de Yoko dans le département du  Mbam-et-kim avait  su remobiliser les troupes, au point où ses partisans lui concèdent toutes les victoires électorales du parti du flambeau,  de ces dernières années. Cité plusieurs fois comme dauphin potentiel de Paul Biya,  y compris par notre confrère parisien Jeune Afrique, René Emmanuel Sadi aura 72 ans en 2025. Très populaire au sein de la jeunesse de son département d’origine, moult jeunes du Mbam-et-Kim reconnaissent avoir bénéficié de son piston pour intégrer les grandes écoles comme l’ENAM, IRIC, l’EMIA, et cetera.  Inconnu de la chronique mondaine, son nom n’est associé à aucun  acte de détournement réel ou supposé. Réputé sobre,  Sadi vit dans un modeste pavillon au quartier Montée Maison Blanche à Biyem-Assi depuis des lustres.

Ses détracteurs l’accusent néanmoins, d’avoir- alors qu’il était encore Ministre de l’administration territoriale-  nommé son propre fils Christian, quelques jours seulement après sa sortie de l’école, comme Premier adjoint préfectoral dans le Mfoundi.

Marafa Hamidou Yaya – ingénieur du pétrole 70 ans : Comme le phénix…

Sauvé une première fois, alors qu’il allait être fusillé après le coup d’état du 06 Avril 1984, Marafa Hamidou Yaya le sera-t-il une seconde fois ? Très impopulaire pendant son séjour au gouvernement, Marafa est devenu une véritable icône dans certains milieux politiques du grand Nord, après son limogeage.

Ce Yérima de Garoua n’est pas à proprement parler un prisonnier de droit commun. Sa condamnation au TGI du Mfoundi par le juge Gilbert Schlick à 25 ans de réclusion dans le dossier du BBJ2, pour « Complicité intellectuelle », un délit inexistant dans le code pénal camerounais en fait l’archétype achevé du prisonnier de Biya. C’est d’ailleurs fort de cela que le très redouté groupe de travail de l’ONU avait requis sa libération pure et simple. Recommandation restée sans suite. Quelques années après son embastillement au SED, qui se trouve à un jet de pierre de son domicile du quartier Melen à Yaoundé, le régime lui avait collé une autre histoire de blanchiment d’argent au dos. Une fois de plus, un juge luxembourgeois chargé de la commission rogatoire commise pour mener les enquêtes lui accorda gain de cause et cet autre dossier  fut naturellement  classé. Si Marafa est libéré et amnistié, il pourrait causer de graves ennuis au RDPC dans le Nord. Les caciques du parti de l’actuel chef de l’Etat ont donc tout intérêt à le voir moisir en prison. A force de clamer son innocence tout en critiquant les actions et les choix prioritaires du gouvernement, cet ingénieur pétrochimique formé aux États-Unis a acquis une considérable côte de sympathie au sein de l’opinion. Dans un ticket avec Maurice Kamto et Cabral Libii, le RDPC pourrait essuyer les plâtres.

Cabral Libii Li Ligue – Journaliste, moniteur de droit, 42 ans : La jeunesse comme talon d’Achille

« Pour diriger le Cameroun, il faut avoir vécu, M. Libii et ses amis ont encore leurs classes à faire » avait affirmé un observateur averti, en octobre 2018, au sortir d’un bureau de vote au quartier Simbock à Yaoundé.  Ragaillardi par son élection comme député PRCN du Nyong-et-kellé,  Cabral Libii vivait quasiment sur un nuage, avant la déconvenue des dernières régionales. Même s’il croit dur comme fer qu’il a un destin présidentiel, l’ancien Directeur de Radio Campus devra encore batailler dur, pour hériter des lambris dorés du somptueux palais d’Etoudi en 2025.  Entouré par une bande d’individus opportunistes et  orgueilleux qui l’éloignent d’une bonne partie de son électorat, l’épreuve de la prise du pouvoir par ce brillant éditorialiste ne se fera pas par un tour de bâton magique. En cas d’investiture de Franck Biya comme candidat naturel du RDPC, le PCRN devrait accueillir de nombreux transfuges du parti flambeau, « des jeunes gens »  y compris certaines têtes couronnées. Mais ceci ne suffira pas à le faire entrer à Etoudi…il faudra encore cravacher dur, faire des concessions.  A 42 ans seulement, 45 ans en 2025, Cabral Libii a  manifestement encore toute la vie devant lui. Saura t’il se maintenir, quand on sait que la vie et la carrière des hommes politiques sont essentiellement éphémères ?

Paul Fokam Kamogne – 72 ans- homme d’affaires : Le Trump camerounais

Classé au second rang des plus grosses fortunes d’Afrique francophone par le Magazine Forbes, on ne lui connait aucune ambition ni prétention politiques. Seulement ; tous ceux qui le connaissent en privé,  affirment sous cape que c’est mal connaître cet ancien employé de la BIAO. A l’image de son ami l’homme d’affaires béninois Patrice Talon, Paul Fokam Kamogne pourrait bien tenter de briguer la présidence de la République du Cameroun, si Paul Biya ne se représente pas en 2025 et surtout si aucune disposition de la constitution ne l’en interdit. Son rapprochement avec le grand Nord par le truchement de Sanda Oumarou, Alamine Ousmane Mey (Ancien DG d’Afriland First Bank), et les autres est-il donc anodin, beaucoup d’observateurs pensent que non !  Originaire de Baham comme le Professeur Kamto, le patron de Vox Africa n’affiche aucune ambition, pour le moment.  Et pourtant…

On se demande surtout pour quel camp pencherait Alamine, s’il devait  choisir entre son ami Franck et son ancien patron Paul Fokam Kamogne…

Louis Paul Motaze 61 ans- Administrateur civil : Etoudi comme destination finale

A 63 ans sonnés, Louis Paul Motaze est présenté  dans certains salons huppés de Yaoundé comme l’homme le plus influent du Cameroun. La commémoration de son soixantième  anniversaire où était convié tout le gratin politico-administratif de Yaoundé,  a longuement meublé la chronique mondaine, il y a presque deux ans. Après s’être livré à une effroyable passe d’armes avec Ferdinand Ngoh Ngoh dans le cadre du dossier des marchés de la CAN, le neveu de Paul Biya sait qu’il à la confiance du boss. Bien plus, c’est celui qui tient les cordons de la bourse qui dictent les règles du jeu. Marié à Aïssa Motaze,  une haoussa  du Logone-Birni  (Extrême-nord) depuis 1985, tout rapprochement entre ce natif de Bengbis et le grand Nord ne peut que être naturel.

Même si ses ambitions sont quelque peu douchées par l’entrée annoncée  dans l’arène du fils pur-sang, de Paul Biya en 2025, ceux qui le côtoient de près, disent que Motaze ne rêve qu’à lui succéder – raison pour laquelle, il se serait fortement réjoui de la chute d’un autre dauphin présumé, l’ancien MINDEF, Abraham Alain Mebe Ngo’o.  

Luc Ayang 75 ans (78 ans en 2025) : Un tupuri sous les ors de la République

Tous les  bookmakers oublient d’inclure Luc Ayang parmi les successeurs  potentiels du Président Biya.  Pourtant,  ce tupuri de l’Extrême-Nord a été sans discontinuité ministre, Premier Ministre et depuis le 25 Janvier 1984, Président du conseil économique et social du Cameroun, donc la quatrième personnalité du pays dans l’ordre protocolaire. A la tête d’une institution jugée budgétivore, son maintien à ce poste n’a rien d’anodin, à en croire un chroniqueur politique qui estime que Paul Biya pourrait bien lui passer le pouvoir-, pour définitivement fausser compagnie aux musulmans, frères d’Ahidjo. Agé de 78 ans en 2025, le lamido de Doukoula ne semble pas totalement hors-jeu, surtout que ce licencié en droit et sciences économiques de la défunte université du Cameroun aurait apprend-on, une santé de cheval.

Alamine Ousmane Mey : Un misanthrope impopulaire

Fils de l’ancien tout-puissant gouverneur du Nord sous Ahidjo, et ami intime de Franck Biya dont il doit son entrée au gouvernement, Ousmane Alamine Mey est un misanthrope. Rigide, froid, introverti et considéré par plusieurs de ses congénères de l’Extrême-nord  comme un « méchant  type», c’est-à-dire, peu enclin à voler au secours des autres. L’arrivée à Etoudi de  cet homme de réseaux qui croit pouvoir jouer un rôle de premier plan après Biya,  relève de la pure fiction.

Achille Mbembe : Le messie de la prophétie d’Oum…

Considéré comme l’un des intellectuels du Cameroun les plus respectés à l’international, ce Bassa d’Otélé à l’instar du  général Nouma, avait été récemment commis par le Chef de l’Etat français Emmanuel Macron pour mener une réflexion en amont, sur les relations franco-africaines. A la faveur d’une polémique qui a couru sur le non renouvellement de son passeport vert, les camerounais avaient alors découvert à leur grande stupéfaction, que le célèbre historien avait conservé sa nationalité. Dans le cadre d’une coalition hétéroclite avec le Professeur Kamto, Cabral Libii, appuyé par  des apparatchiks du grand nord et par  quelques déçus du Renouveau qui se terrent encore dans le RDPC, par opportunisme ou par peur de représailles,   cet universitaire sans appareil ni étiquette  politiques,  pourrait créer des surprises. Sinon ne ressemble-t-il pas à quelques exceptions près, à   l’homme providentiel de la prophétie de  Ruben Oum Nyobe ? Le seul bémol c’est  que l’auteur de « Afrique indocile » n’est plus aussi jeune que ça.

Joseph Dion Ngute – 68 ans : un gentleman à Etoudi…

Seul anglophone à figurer sur notre liste des successeurs potentiels du Président Biya, Joseph Dion Ngute a récemment convolé en seconde noces avec une certaine Nelly Bodo Letono, originaire de la Lekié… Alors qu’il est évident  que les français ne cautionneront jamais une pareille hypothèse, l’arrivée de ce  chief de Bongong Barombi, à Etoudi  aurait néanmoins pour effet immédiat de rasséréner la colère qui gronde dans les régions anglophones et d’amorcer un véritable dialogue inclusif.

A cette liste, s’ajoute pêle-mêle :  Ferdinand Ngoh Ngoh, Laurent Esso, Peter Mafany Musonge que nous estimons évidemment  être des outsiders.

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