Thursday, September 29, 2022
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Afrique > Changements anticonstitutionnels de pouvoir: L‘incohérence de l’Union Africaine

Par panorama
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Les dirigeants  des Etats membres de l’Union Africaine (UA) se sont réunis au cours d’un double sommet  de l’organisation les 27 et 28 mai 2022 à Malabo, pour notamment se pencher sur des changements inconstitutionnels de gouvernements dans des pays du continent.

Par Éric Boniface Tchouakeu

Il convient de noter  qu’en espace de quelques années seulement et de façon récente, des coups d’Etat militaires ont été perpétrés dans au moins cinq (05) pays membres de l’UA à savoir : le Mali en août 2020 et mai 2021, le Tchad en mai 2021, la Guinée en septembre, le Burkina  Faso  en janvier 2022, et bien avant ces quatre pays, il ya eu le Soudan en  avril 2019.

Dans son allocution de clôture du double sommet tenu en Guinée Equatoriale, le Président de l’Angola, Joao Manuel Gonçalves a  notamment déclaré : « Nous ne pouvons plus continuer à accepter plus de cinq décennies après les indépendances africaines, que nous revenons à des comportements qui semblaient déjà avoir été enregistrés dans le passé. Il faut se ressaisir  et agir  avec cohérence, courage et fermeté. »

A l’ouverture  des travaux, le Président de la Commission de l’UA, le Tchadien Moussa Faki Mahamat a  dénoncé des « coups d’Etat rampants » que constituent  entre autres « les  modifications des constitutions aux fins  de confiscation du pouvoir. »

Il est en effet évident de constater  que les manipulations des lois fondamentales dans le but de perpétuer un régime ou une personne au pouvoir, constituent l’une des causes majeures des coups d’Etat militaires sur le continent noir. Le dernier exemple en date a été enregistré en Guinée.

Plus en amont, il y a la question de la crédibilité des  consultations électorales organisées qui se transforment souvent en  coup d’Etat électoraux .Ces autres coups de force sont généralement l’œuvre des tenants des  régimes en  place. En général, l’Union Africaine reste muette sur cette forme de putsch.

Pourtant, l’organisation a adopté le 30 janvier 2007, la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et  de la Gouvernance (CADEG).Ce texte entré en vigueur le 15 février 2012 et ratifié par le Cameroun, est perçu comme un instrument solide qui encourage, encadre et promeut la démocratie en Afrique.

Il énonce les principes du respect des droits de l’homme et des pratiques démocratiques  et surtout, encourage « la tenue régulière d’élections transparentes, libre et justes.» Malheureusement, l’UA ne dénonce presque jamais  les mascarades ou des simulacres d’élections qui sont organisées dans la plupart de ses Etats membres.

Elle n’a même  d’ailleurs  pas encore réussi à faire ratifier la CADEG  par tous ses Etats membres, car à ce jour, 21 pays n’ont toujours pas intégré les dispositions de cette charte dans leur législation interne, alors que le traité a été signé il y a 15 ans et est entré en vigueur depuis 10 ans.

Conséquence, sept(07) des  dix (10) Chefs d’Etat en exercice, le plus longtemps en fonction dans le monde, se trouvent en Afrique.

On a l’impression in finé, que  les textes et autres déclarations de bonnes intentions ne valent que pour la forme, parce qu’au fond, la  seule « valeur » commune partagée par tous les Etats-membres de l’UA  relève de la géographie : Il s’agit du hasard historique qui les a situé dans un même continent.

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